Evolution du prix du lait.

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UN PRIX DU LAIT REFLET DE LA VALORISATION DES MARCHÉS  (document LACTALIS du 7/11/2008 )


   LA FILIERE LAITIERE EN CRISE POURQUOI ?

1 - LE DÉMANTELEMENT DE LA PAC 

• Depuis 2004, les outils de gestion du secteur laitier ont progressivement été supprimés (taxe à l’importation, restitutions à l’exportation, aides à l’incorporation de lait écrémé dans les poudres animales et les caséines) et le recours aux aides au stockage par l’intervention est limité. 

• Pour compenser la baisse des aides aux produits auparavant versées aux entreprises, une aide directe laitière est versée aux producteurs (actuellement 36 € / 1 000 L incluse dans les DPU). 

• Parallèlement l’union européenne décide d’une augmentation progressive des quotas (+ 9 % sur 8 ans) et leur suppression probable en 2015. 

→ le secteur laitier est dérégulé. 

• Les prix sont sensibles aux à-coups des marchés de plus en plus libéralisés et fluctuent en fonction de l’offre et la demande. 

2 - 2007 – LES COURS S’ENVOLENT 

Les marchés mondiaux se trouvent soudainement sous l’influence conjuguée : 
de facteurs climatiques (sécheresses à répétitions en Australie)
d’une augmentation de la demande mondiale notamment asiatique 
d’une diminution des stocks

→ conséquence, des cotations en forte progression dès l’été,

→ mais des répercussions fortes sur le prix du lait du 4ème trimestre 2007 du fait du système d’évolution de prix adopté en France lissant les effets de cotations sur 12 mois. T4 2007 T1 2008 T2 2008 T3 2008
+ 22 % + 37 % + 29 % + 16 %
+ 58 € / 1 000 l + 103,70 € / 1 000 l + 63,8 € / 1 000 l + 49 € / 1 000 l 


→ le prix du lait a augmenté de 26 % sur les 12 derniers mois.

3 - LA CONSOMMATION BAISSE PUIS VIRE AU ROUGE

• Les augmentations conséquentes du prix de la matière sont répercutées sur les prix de vente à la distribution sachant qu’en moyenne le prix du lait représente plus de 60 % du prix de revient du produit. 

• Dans un contexte de crise économique et de diminution du pouvoir d’achat la consommation recule (- 2,5 % depuis mai 2008) 

• Le consommateur oriente ses achats sur des produits à marque distributeur ou 1er prix au détriment des marques nationales. 

• Les premiers effets de la nouvelle réglementation des pratiques commerciales et la concurrence sur les prix entre distributeurs se font sentir et les négociations tarifaires sont tendues.


  PRESERVER LA COMPETITIVITE DE LA FILIERE


   
4 - LA COLLECTE EXPLOSE 

• L’envolée historique des cours des produits industriels de fin 2007 et la demande mondiale en hausse poussent à l’augmentation de la collecte. 

• La France politiquement soucieuse d’approcher son quota pour préserver au sein de l’Union Européenne son potentiel de production, ouvre les vannes des quotas en garantissant aux producteurs un taux minimum d’allocations de 15 %. 

• Contre toute attente, la réactivité des producteurs est forte. Les volumes de collecte explosent saturant les outils de transformation notamment dans le grand Ouest avec parfois des augmentations supérieures de 25 % à celle de l’année précédente.

5 - LES MARCHES S’EFFONDRENT 

• Sous l’effet de 
l’explosion de la collecte laitière 
la reprise forte de la production en Nouvelle Zélande, en Australie, aux USA
le recul de la consommation conduisant à une augmentation des volumes transformés en beurre et en poudre 
l’absence de mécanismes de régulation 
une parité euro/dollar défavorable à l’export

→ les cours s’effondrent depuis fin d’année 2007 

→ la valorisation des produits industriels (30 % du lait collecté en France) génère des pertes conséquentes pour les entreprises de l’ordre de 100 € / 1 000 L transformés en beurre/poudre. 

6 - LA NECESSITÉ D’UN PRIX DU LAIT ADAPTÉ A LA REALITÉ DES MARCHÉS 

• Dans cette conjoncture difficile le système français d’évolution du prix du lait lissant les effets de marchés sur 12 mois, à la hausse comme à la baisse, n’est plus en phase avec l’environnement européen.

• L’interprofession en prend conscience et engage au printemps une réflexion pour mettre en place en 2009 un système plus réactif. 

• En mai dernier, la Direction Générale de la Concurrence et de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a enjoint l’interprofession laitière de cesser toute recommandation d’évolution du prix du lait, jugeant cette pratique anti-concurrentielle.

• Cette décision a coupé cours à la réflexion sur un système plus réactif et ouvert la brèche d’une évolution de prix par entreprise. 

•L’initiative prise par Entremont Alliance, d’appliquer un prix inférieur à ses concurrents a conduit après bien des tergiversations, les Pouvoirs Publics à autoriser la reprise des négociations interprofessionnelles afin de rechercher un système fondé sur de nouveaux indicateurs plus réactifs aux signaux du marché et de mettre en place pour le 4ème trimestre un dispositif souple. 

   
   
QUEL PRIX DU LAIT ?  

ECHEC POUR L’INTERPROFES-SION



   
1 - PAS DE CONSENSUS INTERPROFESSIONNEL 

• C’est dans ce contexte que s’est tenu une série de réunions de négociation interprofessionnelle d’évolution du prix du lait à la production pour le 4ème trimestre 2008 et le 1er trimestre 2009 dont la quatrième n’a pu déboucher sur un consensus entre les 3 familles FNPL –FNCL – FNIL le mardi 4 novembre 2008. 

• Malgré les avancées concédées par la transformation privilégiant la recherche d’un accord interprofessionnel assorti de nécessaires souplesses pour coller aux problématiques et valorisation du lait collecté par les entreprises, la FNPL consciente des difficultés de marchés mais tiraillée par ses divergences régionales n’a pas souhaité donner un accord, ce qui est préjudiciable à l’intérêt de la filière.

   
   
2 - LES PROPOSITIONS DE LA TRANSFORMATION
  

UNE VOLONTE DE RESPECTER L’ACCORD EN VIGUEUR EN 2008


 Afin de conclure un accord lors de cette négociation interprofessionnelle, le collège de la transformation a proposé en dernier ressort, de régler les livraisons du trimestre en cours et celui à venir sur les bases suivantes : 

Pour le 4ème trimestre 2008 .
Application d’une évolution de prix de – 30 € / 1 000 L par rapport au T4/2007 (lui-même augmenté de + 58 € / 1 000 L comparativement au T4/2006). . Respect jusqu’à fin 2008 des incidences financières de l’accord en vigueur sur 2008 avec effet report au T1/2009 pour en limiter la baisse. . L’accord interprofessionnel jusqu’alors en vigueur est donc bien respecté mais avec un effet retard sur le 1er trimestre 2009.

Pour le 1er trimestre 2009 . 
; Application d’une évolution de prix de – 45 € / 1 000 L au T1/2009 (alors que l’an passé l’augmentation était de 103,70 € par rapport au T1/2007).

. Ce prix prend en compte l’application de nouveaux indicateurs réactifs ainsi que le report des incidences de l’accord de 2008 dont les 27 € avancés au T2/2008. 

. Avec cette évolution de prix au T1/2009 tous les comptes résultant de l’accord en vigueur en 2008 se trouvent donc intégralement soldés. 

. Pour 2009 les tendances de marchés amènent inévitablement des baisses de prix contenues entre 50 et 60 €/1 000 L quels que soient les modes de calcul résultant de l’ancienne ou de la nouvelle formule. 

• Flexibilité additionnelle .
Applicable aux entreprises dont le mix-produit dépasse 20 % de produits industriels dans la limite d’un plafond de 40 % de collecte transformée en PI avec un maximum de - 15 € / 1 000 L.

   
  3 - LA POSITION DE LACTALIS :
  
   
Dans ces conditions et faute d’orientation nationale d’évolution du prix du lait nous avons décidé d’engager sur octobre le règlement des livraisons sur la base des dernières propositions effectuées lors de la négociation qui n’a malheureusement pas été conclusive.

. Pour la flexibilité Lactalis s’inscrit dans une tranche de flexibilité conduisant à une application de – 3 € / 1 000 L. 
Pour octobre 2008 nous avons décidé de suspendre les effets de la mesure flexibilité dans l’attente de l’observation de son application par notre environnement. 
L’évolution du prix d’octobre 2008 par rapport à octobre 2007 sera donc de – 30 € / 1 000 L. 

Bien entendu nous nous réservons pour les mois suivants le droit d’alignement sur le prix de notre environnement si nous devions constater des dérives conséquentes d’autres entreprises, préjudiciables à notre compétitivité sur les mêmes secteurs d’activité. 

• En conclusion : 

. Tenant compte des effets du T4 et de la pondération de collecte, le prix du lait à la production aura en final été augmenté de + 49,7 € / 1 000 L en moyenne sur l’année 2008 soit une évolution de + 18 %. 

. Compte tenu de cette évolution qui s’inscrit dans un contexte de difficultés de marchés que chacun reconnaît, nous ne pouvons que regretter l’absence de consensus interprofessionnel sur ces bases qui restent positives même si les producteurs ont dû faire face à une augmentation des coûts de production qui amorcent actuellement et c’est heureux, une légère déflation (énergie + aliments concentrés). 

. Pour autant les travaux interprofessionnels devront être poursuivis en privilégiant le national s’il en est encore temps…


 


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