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Machinisme

Chargeurs télescopiques

Les nouveaux modèles aidant, le succès des chargeurs télescopiques s’affirme au fil des ans. L’ingéniosité du matériel flatte les données d’amortissement. Mais certaines heures de travail coûtent plus cher que d’autres…

Ils sont terribles ces constructeurs qui nous inventent des matériels dont on se demande comment on pouvait bien faire avant ! Le chargeur télescopique appartient bel et bien à cette catégorie. Si le concept est relativement ancien, sa déclinaison agricole est beaucoup plus récente. Et l’on est forcé de reconnaître que les constructeurs ont très rapidement intégré sur leurs engins les spécificités liées à cet usage particulier. Si la puissance hydraulique était au rendez-vous pour garantir des performances de levée et de portée plus importantes qu’un chargeur classique, l’adoption de quatre roues égales de grand diamètre a par la suite satisfait les besoins de poussée (raclage de stabulation, confection de silos…). La visibilité s’est améliorée pour mieux déambuler dans les hangars encombrés sinon étriqués. L’homologation en tant que tracteur (de remorque) a complété la panoplie des services rendus. Le voilà même affublé d’un relevage et d’une prise de force ! (voir encadré). Résultat, les détracteurs se font rares et les revirements de stratégie d’équipement encore plus. Une unanimité qui confine au plébiscite et dont les constructeurs se réjouissent. La question n’est pas de savoir si le matériel a sa place sur l’exploitation… mais de choisir le bon modèle.

Le choix entre deux transmissions

A en croire les experts, le choix est loin d’être simple. L’examen des performances ne fait pas ressortir de différences significatives. C’est certes rassurant mais pas très instructif. Quant à l’examen des coûts de maintenance et de la fiabilité, il est encore prématuré du fait de la toute nouvelle démocratisation du matériel. Là encore, on trouvera une bonne raison de se rassurer en invoquant l’absence de défaut de jeunesse ! Quant au prix, il ne fait pas non plus office d’arbitre. Le choix du concessionnaire, la représentativité, sinon l’antériorité de la marque qu’il revend, entrent évidemment en ligne de compte. « La capacité du concessionnaire à se procurer très rapidement la pièce défectueuse est essentielle mais difficile à mesurer à priori, relève Loïc Collin, conseiller machinisme à la FRCuma de Bourgogne. Cette capacité dépend en bonne partie de l’organisation de la marque elle-même. En matière de coûts d’entretien, on relève tout de même quelques différences, qui ont pour origine le coût des pièces plus que des défauts marqués de fiabilité ».
Au-delà de la marque et des considérations plus ou moins subjectives qui peuvent y être associées, le choix d’un chargeur télescopique peut aussi s’appuyer sur un type de conception plutôt qu’un autre. A cet égard, les matériels proposés aujourd’hui se rangent en deux catégories, selon que leur transmission est à convertisseur de couple ou hydrostatique. La première délivre une forte capacité de poussée indépendamment de la vitesse d’avancement de l’engin. Le point fort de la transmission hydrostatique réside dans la précision de la conduite, particulièrement appréciable lors de manœuvres délicates et dans les bâtiments exigus. Un autre critère de choix réside dans la position du moteur, à l’arrière tel qu’il l’était historiquement, ou sur le côté sur certaines nouvelles versions. La visibilité est renforcée dans le second cas mais les rapports d’équilibre à vide et en charge sensiblement modifiés, pouvant nécessiter un gonflage à l’eau des roues arrière dans la configuration moteur latéral.
Un télescopique comme deuxième tracteur… ou l’inverse

Beaucoup de constructeurs y songeaient. Ceux qui n’y songeaient pas n’y croyaient pas. Merlo, lui, l’a fait. Quoi ? Le chargeur télescopique doté d’un relevage arrière et d’une prise de force. Des accessoires qui ne sont pas sans rappeler ce que l’on trouve sur… un tracteur agricole. Nul doute que l’innovation technologique, doublée d’un véritable pari commercial du constructeur italien, va focaliser sur elle tous les regards de ses concurrents directs tout comme des tractoristes.
La fonction tracteur de cet engin est censé supplanter le second tracteur des exploitations petites à moyennes, pour réaliser les préparations de sol, les travaux de fenaison, d’épandage, etc. De par sa configuration (quatre roues égales, centre de gravité bas), les zones de moyen relief pourraient lui être prédestinées. Le prix de ce Multifarmer correspond grosso modo au prix d’un duo télescopique classique et tracteur récent de 100 cv. Avec des utilisations annuelles comprises entre 1000 et 1500 heures, dont 20 % hors manutention, Merlo croit fermement dans ce nouveau segment de marché et pourrait, le cas échéant, décliner d’autres versions dans l’avenir. Le constructeur estime en tout cas posséder trois ans d’avance technologique sur d’éventuels concurrents.


Toutes les heures ne se valent pas

Si l’homologation du chargeur télescopique en tant que tracteur agricole reste encore une option chez certains constructeurs ou sur certains modèles, elle tend à se généraliser et les utilisateurs ne se gênent pas pour l’exploiter en traction de remorque. Ajoutée à l’extrême fonctionnalité de l’engin en tant que valet de ferme, elle participe à la pleine valorisation du matériel, appréciable en nombre d’heures d’utilisation annuelle ou de types de travaux réalisés. Ce faisant, d’un point de vue strictement comptable, la rentabilité du chargeur télescopique en ressort confortée, comparativement à la solution alternative que constitue l’ensemble tracteur plus chargeur.
Le problème car il y a toujours un problème, c’est que certains travaux dévolus au chargeur télescopique ne requièrent pas la mise en branle d’une telle machinerie hydraulique. « L’exploitation agricole qui passe du chargeur sur tracteur au chargeur télescopique fait plus d’heures de manutention alors qu’elle n’a objectivement pas plus de travail à réaliser, souligne Mickaël Madier, conseiller machinisme à la FDCuma des Deux-Sèvres. Tant que le matériel n’occasionne pas de frais d’entretien exceptionnel, il est possible que la réalité du coût du chargeur télescopique n’apparaisse pas au grand jour. Je crains un effet à retardement, perceptible à la première grosse panne hydraulique au bout de plusieurs milliers d’heures, sinon au moment de la revente avec la valeur de reprise. Car on fera difficilement marche arrière sur un tel matériel. Entre autres avantages, l’utilisation en commun d’un télescopique implique une utilisation à pleine charge du matériel. Mais elle a évidemment d’autres limites. »
La question est de savoir si les heures passées à « bricoler » avec un chargeur télescopique participent à l’amortissement du matériel ou à sa dépréciation technique et donc marchande. « Je pense qu’il faut relativiser l’impact des heures effectuées à faible charge, tant en nombre qu’en contrainte mécanique, estime pour sa part Jean-Bernard Leclercq, conseiller machinisme à la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. Si on déleste le télescopique de ces menus travaux, quel matériel va les réaliser et à quel prix ? » Bonne question.
                 
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Date de dernière mise à jour : 15/12/2011

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