Tracteur + chargeur ou télescopique ???


Machinisme

Chargeur frontal

Il ne baisse pas les bras !


Toujours plus performant et ergonomique, le chargeur frontal rivalise d’innovations. Ce que valorisent des porteurs toujours plus puissants. Si la facture augmente, la rentabilité n’est pas forcément bafouée.

Dans le domaine de la manutention, on n’a pas fini de comparer les deux options possibles que sont le chargeur frontal et le chariot télescopique. On connaît les limites d’un tel exercice. Bien que les deux outils aient des fonctions communes, tout les sépare. S’il est admis que le télescopique est le roi de la manutention, le tracteur reste le roi de l’exploitation. On peut retourner le problème dans tous les sens, on ne sortira pas de ce postulat de base. Pourquoi, dans ces conditions, en remettre une couche sur
cette comparaison fratricide ? Parce que le chargeur frontal revient à la charge, à coups d’innovations techniques. Ce sont les suspensions oléo-pneumatiques, en voie de généralisation, quoique toujours proposées en options. C’est l’automatisme d’attelage des outils, toutes liaisons confondues (mécanique, hydraulique, électrique) chez un constructeur en particulier. Chez un autre, c’est carrément la mise au point d’un concept inédit reposant sur trois paires de vérins, dotant le chargeur d’une articulation et d’une cinématique nouvelles. C’est enfin, chez tous les fabricants, une offre de commandes électriques proportionnelles, forcément en option étant donné son prix.

Puissance et prix à la hausse

Indiscutablement, sur un plan technique, le chargeur frontal réduit l’écart qui le sépare du télescopique, d’autant plus que la référence en question, bien campée sur ses avantages originels, connaît des évolutions moins flagrantes. Le réflexe comparatif entre les deux stratégies d’équipement est alimenté par un chiffre : la puissance moteur du tracteur supportant le chargeur et qui égale de plus en plus souvent celle disponible sur un télescopique, marqué là aussi par la constance. Cette puissance conditionne un second chiffre : le prix. Un tracteur toujours plus puissant équipé d’un chargeur toujours plus sophistiqué finit par coûter significativement plus cher qu’un télescopique. « Je ne vois pas d’aberration dans la stratégie consistant à investir dans un ensemble tracteur-chargeur puissant, estime Christian Savary, conseiller agro-équipement à la chambre d’agriculture de la Manche. On dispose aujourd’hui de tracteurs 6 cylindres aussi maniables que d’anciens 4 cylindres. Faire de la manutention avec un chargeur ne signifie pas renoncer à l’efficacité et à la productivité. »
La montée en puissance du chargeur frontal suscite aussi des réserves. « Lorsque l’on prend la peine de lester son tracteur à l’arrière, soit en attelant des masses, soit en gonflant à l’eau, on valorise toute la puissance disponible, observe Jean-Claude Penaud, conseiller agro-équipement à la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. Les limites dues au patinage sont repoussées et les sols des bâtiments préservés tandis que la sécurité est également mieux assurée. Je soupçonne certains utilisateurs de monter en puissance pour s’affranchir de cette règle fondamentale de sécurité. » Reste que la puissance affectée au chargeur peut être dictée par les autres travaux assignés au tracteur, puisque c’est là l’intérêt fondamental de cette stratégie d’équipement. « Les écarts de prix entre les différents gabarits de chargeurs ne sont pas très importants, souligne Christian Savary. Outre l’effet " marque ", c’est davantage les options retenues qui peuvent faire gonfler le budget. »

Un couple bien accordé

Parmi les options proposées aujourd’hui, il y en a une qui ne prête pas à discussion : les suspensions. Les bénéfices, tant sur le plan du confort de conduite que du respect de la mécanique (chargeur et tracteur), à la manutention comme au transport, sont, ramenés au coût, sans équivalent. On peut néanmoins s’en passer quand on dispose d’un tracteur doté lui-même d’une suspension sur le pont avant. Les commandes électriques proportionnelles sont plus difficiles à justifier. Le rapport bénéfices/coût est nettement moins alléchant que celui offert par les suspensions. En présence d’un monolevier classique, la dextérité du chauffeur est un précieux allié. Néanmoins, dès lors que les heures affectées à la manutention passent le cap des 500 à 600 heures annuelles, les fonctionnalités d’un levier à commandes électriques proportionnelles (précision des mouvements, progressivité des efforts, simultanéité des fonctions…) peuvent être considérées comme un investissement et non comme un luxe. C’est le même raisonnement qui peut être appliqué avec l’attelage automatique des outils : le besoin justifie les moyens. Reste que le critère de choix fondamental d’un chargeur ne réside pas prioritairement dans ses options mais dans la symbiose qu’il est censé formé avec le tracteur porteur. On le sait, tous les fabricants de chargeurs proposent des bâtis d’adaptation propres à assembler n’importe quel chargeur avec n’importe quel tracteur. Mais le mariage des deux architectures produit une nouvelle architecture. « Le même chargeur monté sur deux tracteurs différents n’aura ni le même comportement, ni les mêmes performances, souligne Christian Savary. Les points d’ancrage, la forme du capot, la position du pont avant sont autant de facteurs susceptibles de jouer sur la hauteur et la portée du chargeur ainsi que sur l’équilibre de l’engin de manutention ainsi constitué. Le seul moyen de se prémunir contre un tel risque, c’est de trouver la même combinaison dans son entourage et de la tester. »
La multiplication des marques et donc des combinaisons possibles rend l’exercice difficile mais pas impossible. Un dernier conseil : face à l’augmentation des capacités des chargeurs, les tracteurs disposant d’un toit ouvrant sont avantagés, en offrant un précieux point de vue sur les chantiers en hauteur.



Date de dernière mise à jour : 15/12/2011

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