Robots de traite-Questions-Réponses-Avantages-Inconvénients

 

 

Voici quelques-unes des questions les plus fréquentes sur les systèmes de traite robotisée. Les réponses sont fondées sur l’information recueillie au cours d’entrevues officielles avec des propriétaires canadiens de robots de traite, sur les registres de la qualité du lait de l’Ontario et sur des travaux de recherche effectués en Europe.

Combien de vaches devrai-je destiner à la réforme parce que les robots ne peuvent les traire?

Les agriculteurs de l’Ontario ont déclaré avoir mis à la réforme entre 0 et 3 vaches supplémentaires sur un troupeau d’une taille moyenne de 94 vaches. Il s’agissait en général de vaches dont les trayons étaient très rapprochés, ayant deux trayons arrière qui se touchaient et qui étaient perçus comme un seul par le capteur. Un pis très haut à l’arrière, qui fait en sorte que les trayons sont difficiles à capter sur un plan horizontal, posent également un problème. Les autres formes de pis qui sont incompatibles avec la traite robotisée justifieraient aussi la mise à la réforme des vaches dans une installation avec salle de traite. Ces vaches n’ont donc pas été prises en compte dans l’estimation.


Les vaches qui engendrent le plus de frustrations sont celles chez qui la mise en place des manchons est facile, mais qui refusent de se rendre d’elles-mêmes à la stalle de traite robotisée. D’après l’expérience canadienne, ces vaches représenteraient entre 5 et 15 % du troupeau, selon la conduite du troupeau et les pratiques de gestion. De l’avis de la plupart des agriculteurs, il s’agit là d’un nombre trop élevé de vaches à mettre à la réforme. Aussi, veillent-ils à conduire eux-mêmes ces vaches au robot deux fois par jour. Avec le temps et une gestion appropriée, ce pourcentage peut diminuer à 5 %. À ce niveau, la plupart des vaches comprises dans ce groupe le seront pour des raisons de santé, comme des pattes en mauvais état ou une mammite clinique.
Combien de temps faut-il à une vache pour s’adapter au système de traite robotisée et quel genre de dressage est nécessaire?

En général, lorsqu’un troupeau existant est soumis à un système de traite robotisée, il faut 3–4 semaines pour atteindre le point où 85–90 % des vaches utilisent le système volontairement. Les vaches plus jeunes et les vaches plus agressives sont celles qui semblent s’adapter le plus facilement. L’idéologie actuelle en matière de dressage consiste à brusquer les vaches pendant 2–3 semaines en les chassant vers le robot chaque fois que l’intervalle entre les traites dépasse 8 heures. Cette période de dressage veille à assurer un contact répété des vaches avec la stalle de traite et à faire comprendre aux vaches que des visites fréquentes sont possibles et récompensées par une petite quantité de grains durant la traite. Après cette période, on laisse les vaches se débrouiller toutes seules et on ne les amène au robot que si les intervalles entre les traites dépassent 16 heures.


La plupart des nouvelles génisses mettent 2 ou 3 jours à s’adapter, mais certaines peuvent avoir besoin de plus de temps. Une vache fraîche peut avoir besoin d’une attention individuelle pendant 1– 2 jours au niveau de la mise en place des manchons.


Pour encourager les vaches à se rendre d’elles-mêmes au robot, on leur distribue du grain dans la stalle de traite. Selon les données recueillies auprès des 15 troupeaux ontariens, on distribuerait dans la stalle de traite entre 1 et 6 kg de grain par jour, soit une moyenne quotidienne de 2,5 kg. Dans l’étude, la fréquentation volontaire du robot de traite était légèrement plus grande chez les vaches recevant une plus grande quantité de grain dans la stalle de traite. Pour encourager une bonne circulation des vaches, les stalles de traite robotisée sont situées sur le trajet entre l’aire de repos en stabulation libre et la mangeoire. Il y a habituellement une barrière pour accéder à la stalle de traite.


Avec bon nombre des systèmes Lely utilisés en Ontario, il s’agit là de la seule restriction à la circulation normale des vaches. Plusieurs aménagements à 3 et 6 rangées et d'autres étables où la circulation des vaches n’est pas restreinte démontrent que la méthode de libre circulation des vaches est efficace. On privilégie ce système, du fait que la circulation des vaches à sens unique risque de restreindre la consommation d’aliments chez certaines vaches. Quand les vaches circulent à sens unique, des barrières à sens unique à tous les croisements veillent à ce que les vaches passent par le robot chaque fois qu’elles se rendent de l’aire de repos à la mangeoire. Cet aménagement est plus fréquent dans les systèmes à emplacements multiples. Sur les 15 fermes ontariennes, 8 ont opté pour une libre circulation des vaches, mais 6 d’entre elles conservent de petites zones de contention pourvues d’une barrière à sens unique à l’avant de la stalle de traite. Cet aménagement permet de forcer les vaches qui n’ont pas été traites depuis longtemps à pénétrer deux fois par jour dans cette zone, tout en les encourageant à pénétrer volontairement dans la stalle de traite.


Comment saurai-je si une vache a un problème, une mammite clinique, par exemple? Le système permet-il de séparer le lait non commercialisable?

Le système de traite identifie de plusieurs façons les vaches ayant des problèmes. Les registres de fréquentation volontaire constituent l’un des meilleurs outils à cet égard. Si une nouvelle vache figure sur la liste des vaches ne fréquentant pas assidûment la stalle de traite, il est très probable que cette vache soit boiteuse ou qu’elle ait un quartier enflé et douloureux et qu’elle préfère ne pas être traite. L’ordinateur note aussi le rendement du pis au complet ou de chacun des trayons et peut identifier les vaches qui s’écartent du rendement prévisible compte tenu de l’intervalle de traite.

La conductivité électrique du lait est mesurée pour chaque quartier. Des variations importantes dans la conductivité électrique signalent de nouvelles infections, qui se présentent souvent comme des cas cliniques. Il existe un nombre élevé de fausses alertes, de telle sorte qu’il ne faut pas se fier uniquement à la conductivité électrique. Le meilleur outil de diagnostic du lait anormal et de la mammite clinique est probablement le capteur de la couleur du lait offert depuis peu sur le marché. Selon des études faites en Europe, cet appareil détecte très bien le lait comportant du sang. Les rapports préliminaires suggèrent aussi qu’il peut identifier les sécrétions jaunes ou aqueuses associées à des mammites cliniques.

Les vaches traitées sont identifiées dans l’ordinateur et leur lait est dévié vers le réservoir de stockage du lait de rebut ou vers la fosse à fumier. Les systèmes sont programmés pour rincer à fond toutes les surfaces en contact avec le lait après la traite d’une vache sous traitement.
À quoi vais-je m’occuper dans l’étable si je n’ai plus à m’occuper de la traite?

Dans les 15 troupeaux ontariens, le programme quotidien comprend une visite à l’étable le matin et l’après-midi pour identifier les vaches présentant un long intervalle de traite et les vaches pour lesquelles la mise en place des manchons pose un problème. On conduit les vaches vers le robot et, ce faisant, on les observe pour déceler les vaches boiteuses ou présentant des problèmes aux pis et on supervise la mise en place automatique des manchons. Pendant que ces vaches sont traites, on peut effectuer toute une série d’autres taches, notamment nourrir les animaux, s’occuper de la conduite de la reproduction ou de l’entretien des stalles. Les vaches fraîches et celles qui souffrent de mammite clinique peuvent avoir besoin d’aide au niveau de la mise en place des manchons.


Les robots de traite sont dotés de systèmes d’avertissement perfectionnés qui alertent l’agriculteur sur son cellulaire ou son téléavertisseur lorsque des problèmes surviennent. Dans une étude, la fréquence de ces alertes a varié de deux par semaine à une en deux mois. Les fermes où se produisent des alertes fréquentes ont attribué ces alertes à une même cause, l’absence de lait à cause d'une vache déjà traite qui refusait de quitter la stalle. Là où les alertes étaient moins fréquentes, elles étaient attribuables à des manchons tordus ou endommagés. En moyenne, les vaches étaient traites 2,7 fois par jour sur ces fermes. Des études hollandaises signalent une réduction de 10 % de la main-d’œuvre sur les fermes où la traite se faisait auparavant deux fois par jour. La plupart des fermes robotisées de l'Ontario évaluent l’économie de main-d’œuvre à 20–30 % comparativement à une traite effectuée trois fois par jour.


Mais est-ce que ce système est plus coûteux que les autres systèmes de traite?

Tout dépend de la taille du troupeau et du coût de la main-d’œuvre. Même si les systèmes de traite robotisée s’assortissent de coûts d’immobilisation élevés, ces coûts se comparent avantageusement aux coûts d’aménagement d’une salle de traite pour 60–180 vaches. Pour un troupeau de cette taille, les techniques de traite traditionnelles dans une salle de traite obligent à faire un compromis entre un investissement trop important dans une salle de traite nécessitant peu de main-d’œuvre, mais sous-utilisée, ou la perspective de passer un trop grand nombre d’heures à effectuer la traite avec un matériel peu coûteux, mais inefficace. Doug Reinemann de l’Université du Wisconsin a évalué récemment le coût de la traite d’un troupeau de 70–140 vaches à 2,15–3,65 $ par quintal, soit le triple de la valeur trouvée pour un troupeau de 400 vaches. Par comparaison, il a évalué que les coûts de la traite d’un troupeau de même taille par des systèmes robotisés se situaient à 1,30–2,00 $ par quintal.


Sur les 15 propriétaires de troupeau interviewés en Ontario, 4 ont opté pour un système de traite robotisée, car, après avoir tenu compte de l’espace additionnel et du coût du matériel nécessaires à une salle de traite, le système de traite robotisée s’avérait nettement plus économique. Il est difficile d’envisager de faire trois traites par jour dans les petites installations à stabulation libre. Neuf propriétaires de systèmes de traite robotisée de l’Ontario ont opté pour ce système de traite à cause surtout de la possibilité de traire les vaches plus souvent sans qu’il faille engager des coûts de main-d’œuvre supplémentaires.


En règle générale, et dans la conjoncture actuelle, un système de traite dans une salle de traite bénéficiant d’une technologie de pointe et efficace est sans doute plus économique pour les troupeaux de 200 vaches ou plus. Pour les troupeaux de moins de 200 vaches, si la main-d’œuvre est bon marché et facilement accessible, il vaut mieux limiter au minimum les sommes investies dans la salle de traite et recourir à des solutions économiques, comme des salles de traite à unités partagés et des étables à paliers. Si la main-d’œuvre est rare, les troupeaux de moins de 200 vaches sont la taille idéale pour la robotisation de la traite. En éliminant la main-d’œuvre et le besoin d’une grosse salle de traite, le système de traite robotisée permet à une entreprise familiale qui compte 100–120 vaches de devenir plus concurrentielle et plus viable, tout en ne reposant que sur la main-d’œuvre fournie par les membres de la famille.

La traite robotisée oblige-t-elle à construire une nouvelle étable?

La plupart des étables à stabulation livre peuvent être facilement adaptées à la traite robotisée. En Ontario, la moitié des systèmes se trouvent dans des installations existantes où la traite se faisait auparavant en salles de traite. Là où les vaches se déplacent librement, l’aménagement de l’étable peut comporter 2 ou 3 rangées par groupe, dans une étable à 3, 4 ou 6 rangées. Comme dans le cas des salles de traite, la taille du groupe dépend de la capacité du robot. Avec des systèmes à emplacement unique, on compte 60 vaches par stalle. Avec des systèmes à emplacements multiples, on recommande 60 vaches dans le premier emplacement et 30 par stalle additionnelle.

La traite robotisée oblige-t-elle à modifier la ration? Peut-on continuer à servir des rations totales mélangées (RTM)?


Le grain offert dans la stalle de traite est l’un des facteurs qui incitent les vaches à visiter la stalle et à être traites 2–4 fois par jour. Dans le cas des troupeaux recevant une RTM, la traite robotisée exige certains ajustements. En Ontario, sur les 15 troupeaux robotisés, 14 reçoivent une ration mélangée dans le distributeur de fourrage, mais reçoivent également une ration de grain préparée dans la salle de traite. L’un des troupeaux reçoit uniquement du fourrage dans le distributeur de fourrage et reçoit du grain à la fois dans la stalle de traite et dans une distributrice reliée à un ordinateur. Comme les propriétaires de ces troupeaux veulent conserver les avantages des RTM, plusieurs expérimentent des moyens de minimiser la quantité de grain donnée dans la stalle de traite. Grâce à des ingrédients très appétents, présentés sous une forme la plus attrayante possible (comme de la drêche de maïs de distillerie en granules sans minéraux ajoutés), on peut inciter les vaches à se présenter plus souvent à la stalle de traite sans réduire de beaucoup la RTM.

Y a-t-il des considérations qui sont propres à l’Amérique du Nord?

Oui. L’expérience européenne nous fournit peu d’exemples d’utilisation de robots dans des étables non isolées qui sont soumises au gel l’hiver. L’expérience ontarienne indique qu’il est nécessaire de protéger le matériel du gel. Dans les étables froides, on peut le faire en enfermant la zone de travail (« côté propre » du robot) dans une pièce isolée, chauffée et lavable, qui est ventilée séparément du reste de l’étable.


Par ailleurs, le courant vagabond, inexistant dans les réseaux de distribution phase à phase d’Europe, peut être préoccupant ici. Le système de traite robotisée repose sur la fréquentation volontaire par les vaches. Or, si les vaches évitent de fréquenter la salle de traite par crainte de recevoir une décharge, le système peut s’avérer moins efficace.


Enfin, les systèmes de traite robotisée supposent un rinçage fréquent des surfaces en contact avec le lait. Dans les études hollandaises, cette réalité a été suggérée comme étant la raison de la légère élévation du point de congélation du lait provenant de fermes robotisées. Des études menées en de nombreuses régions des États-Unis et du Canada indiquent par ailleurs que l’eau des puits n’est pas toujours potable. Ce point est à considérer dans toute exploitation laitière, mais plus particulièrement dans les installations robotisées.

La traite robotisée est-elle soumise à une réglementation spéciale?

À la fois aux États-Unis et au Canada, la réglementation de la traite et de la manipulation du lait ne prévoit généralement aucune disposition relative à ce genre de technologie. Par exemple, l’Ontario exige que les réservoirs réfrigérants refroidissent le lait à une température précise, à l’intérieur d’un délai précis suivant la « fin de la traite ». Or, comme la traite se poursuit jour et nuit sur ces fermes, il est impossible d'appliquer ce règlement. Étant donné que l’essentiel de la technologie provient d’Europe, les éléments ne respectent pas toujours les normes 3A. Dans bien des États et des provinces, la traite robotisée est autorisée aux termes de permis spéciaux limités à certaines fermes et destinés à permettre une évaluation sur le terrain de la technologie. L’Ontario a récemment élaboré des directives propres à ces systèmes. Ces directives comprennent des dispositions visant les réservoirs réfrigérants utilisés pour l’entreposage temporaire durant et après le ramassage du lait, le lavage et le rinçage des systèmes de traite en continue, ainsi que la conception, l’emplacement et la ventilation des « salles » de traite robotisée.
Quelle est la qualité du lait obtenue par traite robotisée?

Les études menées en Europe soulèvent certaines préoccupations quant à la qualité du lait obtenue par traite robotisée. Les études hollandaises indiquent que les fermes où se pratique la traite robotisée ont enregistré une augmentation du nombre de cellules bactériennes, du point de congélation et des acides gras libres, surtout les premières années, au moment du passage au système de traite robotisée. Les rapports plus récents provenant de Hollande suggèrent que les « systèmes de traite robotisée de deuxième et de troisième générations » affichent un profil plus satisfaisant.


En Ontario, les données sur la qualité du lait sont mitigées. Sur 123 tests relatifs au point de congélation, 2 échantillons se sont avérés inacceptables, comparativement à une moyenne de 1,3 échantillon par tranche de 1000 dans le cas des fermes non robotisées. Le lait provenant des fermes laitières de l'Ontario est soumis tous les mois à un dénombrement bactérien à l'aide de tests plus sensibles effectués au Bactoscan. L’an dernier, la moyenne pour toutes les fermes était de 38 000 cellules. Les 13 systèmes de traite robotisée à emplacement unique alors en utilisation affichaient une moyenne de 41 000 cellules. Les 2 exploitations ayant un système à emplacements multiples n’ont pas obtenu d’aussi bons résultats, mais des changements récents dans la manipulation du lait de rebut s’avèrent prometteurs. Le dénombrement des cellules somatiques des troupeaux soumis à la traite robotisée en Ontario s’établit en moyenne à 280 000 cellules, ce qui est comparable à la moyenne de 245 000 cellules établie pour tous les troupeaux l’an dernier.


Résumé


À n’en pas douter, il faudra encore répondre à bien des questions dans les mois à venir. Les nouvelles installations en Pennsylvanie, au Wisconsin, au Québec, en Nouvelle-Écosse et en Ontario, laissent croire que l’intérêt pour ce genre de technologie ne cesse de s’accroître. Au moins 5 fournisseurs de matériel de traite, si ce n’est pas plus, sont sur le point de percer le marché nord-américain ou l’ont déjà fait. Les questions qui précèdent et les réponses souvent partielles à ces questions laissent croire que, comme il en est de toute nouvelle technologie, ce n’est que par l’expérimentation que nous en viendrons à approfondir nos connaissances et à tirer pleinement parti de la traite robotisée.
 

Date de dernière mise à jour : 15/12/2011

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