Qualité et consommation du gazole des moteurs



Le moteur apprécie un gazole raffiné
Le circuit d’injection est sensible aux impuretés. L’entretien du tracteur passe d’abord par une maîtrise de la qualité du gazole, à l’achat mais surtout au stockage et à l’intérieur du moteur.
Le circuit d’injection est fragile et très sensible aux impuretés. « On pense que la qualité du gazole acheté a une influence sur la durée de vie du moteur » explique Hervé Masserot, technicien à la FdCuma. « Mais il faut surtout faire attention aux conditions de stockage ». Les vieilles citernes en fer ont tendance à rouiller. Un dépôt s’accumule au fond de la cuve. Pour faire le plein, il ne faut donc jamais pomper le fond de la citerne.
La qualité du gazole favorise la durée de vie des injecteurs. Sur un moteur qui chauffe la durée de vie d’un injecteur est très courte. Dans de bonnes conditions, un injecteur peut fonctionner normalement jusqu’à 4 000 à 5 000 heures. « L’injecteur est une pièce essentiel de l’entretien d’un tracteur » résume Hervé Masserot.
La qualité de la filtration du gazole a bien évidemment aussi une influence directe. « N’attendez pas que le tracteur ne tire plus pour changer le filtre à carburant » prévient le technicien. Il faut se référer aux préconisations des constructeurs et changer le filtre à gazole au minimum une fois par an pour un tracteur qui est peu utilisé.
D’une manière générale, les changements de filtre font parti des mesures d’entretien courant d’un tracteur.
« Le filtre à air est une pièce primordiale dans la durée de vie d’un tracteur. Un moteur 6 cylindres turbo 2200 tours absorbe 520 m3 d’air à l’heure ». Le moteur exige un air frais et propre. Mieux vaut partir avec un filtre neuf avant l’été et vérifier sa propreté régulièrement lorsque l’on travaille en condition poussiéreuse. Pour le nettoyage, la soufflette peut être un bon outil mais il ne faut pas l’utiliser systématiquement. La poussière a tendance à s’accumuler dans les angles. Il est préférable de démonter le filtre le soir, et de le tapoter le lendemain matin. L’électricité statique ayant disparu, la poussière tombe facilement.
Quant au filtre à huile, il est conseillé de le changer à une vidange sur deux, voire à toutes les vidanges sur les nouveaux moteurs (tous les 500 h). En tous les cas, il doit être renouvelé au minimum une fois par an.
Le plein en fin de journée
Le circuit d’injection est également très sensible à la présence d’eau. Dans la plupart des cas, l’eau provient de la condensation du gazole dans le réservoir du tracteur, après une journée de travail. De préférence, il est conseillé de faire le plein en fin de journée pour chasser la vapeur d’eau du réservoir.


Près d’un tiers des tracteurs roulent en sur-débit
Dans l’Ouest, 29 % des tracteurs contrôlés au banc d’essai sont sur-alimentés. Pour chaque modèle de tracteur, le constructeur détermine un débit de la pompe d’injection pour obtenir la puissance souhaitée du moteur. La plupart des constructeurs assurent la puissance avec un réglage en sur-débit de 10 %. Cette pratique masque la puissance absorbée par les boîtes de vitesse équipées d’embrayage sous-charge. « Sur l’ensemble des tracteurs qui sont passés au banc d’essai dans l’Ouest, 7 % sont en dessous des références » remarque Hervé Masserot, « 38 % ont un débit de la pompe d’injection correct, 26 % ont un débit supérieur à 10 % mais qui reste acceptable et 29 % sont sur-alimentés ».
Le réglage du débit de la pompe d’injection conditionne la consommation en gazole du moteur. Un réglage en sur-débit de 15 % coûte 1 000 l de gazole par an pour un tracteur de 100 cv pour gagner environ 7 cv. Il y a un gain de puissance mais il n’est pas proportionnel à la consommation de gazole. Par exemple, un sur-débit de 6 à 10 % augmente la puissance moyenne de 3 %. Et un tracteur gonflé en débit de 21 à 25 % voit sa puissance augmenter de 12 %.
Au delà de la consommation de gazole, il y a un risque de casse du moteur. « On a vu des tracteurs de 100 ch qui tournaient à 160 ».
Les anomalies liées à la pompe d’injection sont décelées au banc d’essai mais les réglage nécessite le plus souvent l’intervention d’un spécialiste.

Rouler à l’huile végétale. C'est possible ou pas ?
La voiture qui roule à l'huile a été conçue par Rudolf Diesel, inventeur du moteur éponyme en 1892. Son moteur devait fonctionner à l’huile végétale. Or l'huile végétale était à l'époque très chère et c'est donc un dérivé du pétrole qui devint le carburant standard : le gazole.
Aujourd'hui, il est possible de rouler avec de l'huile végétale à la place du gasoil, ce qui pollue moins et coûte moins cher. Utiliser de l'huile végétale comme carburant est possible avec tout véhicule diesel même si certaines marques de voitures semblent fonctionner un peu mieux que d'autres.
Cependant, faute de vrai réseau de distribution, vous ne pouvez trouver de l'huile végétale que dans les restaurants, si l'huile n'a pas servi pour cuire de la viande, ou parfois chez les agriculteurs qui seront souvent très contents de vous la donner.
D'un point de vue légal, la France, en contradiction des directives européennes, interdit l'usage d'huile dans les véhicules routiers. Néanmoins, on n'est pas près de voir les douaniers, qui ont mieux à faire, aller mettre leur nez dans les réservoirs des particuliers. L'usage est tout à fait légal pour les groupes de co-génération pour la production d'électricité ou de chaleur, pour les moteurs fixes ne supportant pas de taxes sur les carburants, pour les véhicules qui ne vont pas sur circuit routier ouvert (tracteur agricole, engins de travaux public).

Débat : rouler à l’huile végétale oui ou non ?
Le débat fait rage et les avis divergent. Voici les deux points de vue que l'on trouve sur le sujet :

POUR : Les avantages sont nombreux. Hormis les économies engendrées, l'huile végétale offre des qualités lubrifiantes supérieures à celles du gasoil et elle permet, grâce à une combustion plus froide, une réduction des dépôts de carbone et d'azote, ce qui bon pour la nature.
La consommation d'huile ou de de gasoil est identique mais comme il n'y a pas de souffre dans l'huile, on n'a pas non plus les particules du diesel. Au global, cultiver l'huile végétale pour l'utiliser en carburant est bénéfique pour prévenir le réchauffement climatique.
Les véhicules diesel à injection directe commons rail et HDI peuvent rouler avec un carburant contenant jusqu’à 30% d’huile végétale.
Les véhicules diesel à injection indirecte bénéficient d'une meilleur combustion de l’huile végétale et peuvent donc rouler avec jusqu’à 50% d’huile végétale s'ils utilsent une pompe à injection Bosh. Pour les pompes d'autres marques (Roto, Luca, CAV), il faut se limiter à 40%.
Pour rouler 100% à l'huile, il faut installer un second réservoir qui contiendra du diesel qui servira notamment à l'allumage avant de passer à l'huile. Avant de rouler, il faut donc installer un kit de "bicarburation", ce qui n'est pas très compliqué, surtout pour un garagiste.
Pourquoi hésiter ?

CONTRE : De nombreuses personnes aimeraient bien rouler en ajoutant tout simplement de l’huile dans leur moteur. Certains argument que cela est non seulement moins polluant mais ultra simple. L’ADEME a pourtant commandité une étude dont les résultats font réfléchir à deux fois avant de vider sa bouteille d’huile de colza ou de tournesol Lesieur dans son réservoir :
»L’utilisation directe des huiles végétales est dommageable tant au plan de la tenue des moteurs qu’au plan environnemental » cite l’étude,
Du fait de la viscosité importante de l’huile, des dépôts se formeraient dans la chambre de combustion et sur les injecteurs des moteurs,
L’huile résiste mal en basse température,
En Allemagne, une étude montre que sur 100 tracteurs qui auraient utilisé l’huile comme carburant depuis 6 ans, 10 ont fait l’objet de réparations d’un coût supérieur à 15 000€,
Au final, les émissions polluantes seraient supérieures globalement à la consommation du carburant classique,
Le comité des constructeurs met en garde contre l’utilisation intempestive de l’huile végétale et préfère favoriser les « vrais » bio-carburants (biodiesel, …).
Bref, en un mot, aujourd’hui dans la vie courante, n’utilisons l’huile végétale que comme un carburant d’appoint exceptionnel qui, certes, fonctionne mais n’est pas franchement recommandé comme régime de base de votre moteur.

Date de dernière mise à jour : 15/12/2011

massey 7490

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