Nourrir ses animaux en commun avec une désileuse-mélangeuse automotrice en CUMA

 

 Reportage - Dans les Côtes-d’Armor, il y a 5 ans, des éleveurs se sont associés pour s’équiper d’une désileuse automotrice. Un choix qu’ils ne regrettent pas. 


  Tous les ans, lors de l’assemblée générale, la question est posée : « Souhaitez-vous repartir pour une année supplémentaire ? » Et, à chaque fois, c’est à l’unanimité que les adhérents de la Cuma An Dro décident de poursuivre l’aventure. A les entendre, difficile en effet de faire machine arrière quand on a goûté aux avantages de la désileuse automotrice.

L’histoire commence en 2000. A l’issue de journées de démonstration organisées par une coopérative et un fabricant de matériel, 7 agriculteurs costarmoricains, dont quelques uns sont déjà des adeptes de la ration mélangée, décident de s’associer pour acquérir une désileuse automotrice. 
Leurs exploitations, de tailles diverses - les quotas varient de 215 000 à 440 000 litres, le lait étant parfois associé à d’autres productions -, présentent l’avantage d’être toutes situées « sur une boucle en forme de haricot ». Un haricot dont le tour fait quand même 44 kilomètres…
En concertation avec la Fédération départementale des coopératives d’utilisation de matériel agricole, des statuts sont élaborés. La Cuma voit finalement le jour en mai 2001. Dans les mois qui suivent, la désileuse est achetée, avec le concours financier du Crédit Mutuel de Bretagne, et un chauffeur est recruté. La première « tournée » a lieu en octobre 2001. Cinq ans plus tard, les 7 associés du départ sont toujours là. Et un huitième les a même rejoints en cours de route. Quant à la désileuse des débuts, affichant déjà 6 000 heures de travail, elle a été changée il y a quelques semaines.

Précision et rapidité
Eté comme hiver, la tournée de Serge Le Pape, chauffeur de la Cuma depuis 5 ans, démarre aux environs de 6 h 30, à Pommerit-le-Vicomte où la désileuse est stationnée. Dans le local où sont stockés les composants de la ration (maïs, paille, minéraux, correcteurs azotés…), le chef d’exploitation a indiqué sur un panneau les pourcentages respectifs des différents éléments et le nombre d’animaux concernés ce jour-là par la distribution. Autant de données que le chauffeur entre dans son ordinateur de bord avant de procéder au chargement. Tous les « ingrédients » sont alors pesés précisément avant d’être mélangés dans la cuve de la machine. Une rapide manœuvre et la désileuse s’engage dans le couloir de la stabulation pour procéder à la distribution de la ration mélangée. Au total, l’opération n’aura duré qu’une dizaine de minutes comme en atteste le ticket récapitulatif imprimé automatiquement. Et déjà la désileuse s’engage sur la route de campagne vers la prochaine étape de sa tournée. « L’été, explique Serge Le Pape, je suis de retour vers 9 h 30, 9 h 45. En hiver, comme il y a en plus les génisses à nourrir, je termine vers midi ». Chaque semaine, la tournée est assurée du lundi au samedi. Pour passer le cap du dimanche, la ration du vendredi est augmentée de 40 % et celle du samedi de 60 %. 
Frédéric Page, associé et responsable chauffeur de la Cuma, effectue, lui aussi, régulièrement la tournée au volant de la désileuse. « Cela me permet de ne pas perdre la main pour pouvoir prendre le relais en cas de besoin ». Une sage précaution au même titre que l’entretien courant de la machine assuré par le chauffeur. Chaque jour, il y a en effet quelque 400 bêtes à nourrir. Alors pas question de faire faux-bond. « On arrive toujours à trouver des solutions. Sur plus de 1 500 tournées, on a connu que 3 soucis ».

Une formule compétitive
Outre la fiabilité de l’outil, les associés de la Cuma An Dro vantent le confort de la formule. « C’est près d’une heure de gagnée au quotidien, souligne Guy Le Calvez. Une heure que j’ai, par exemple, pu mettre à profit pour effectuer moi-même de nombreux travaux dans le cadre de la mise aux normes de mon exploitation ». Côté production, les éleveurs ont observé « une meilleure persistance ainsi qu’une diminution des problèmes digestifs et notamment d’acidose ».
Le tout, pour un coût annuel moyen - en intégrant les génisses - qui avoisine les 19 euros pour 1 000 litres de lait. « Notre système de facturation prend en compte deux composantes, précise Dominique Correc. Il y a une partie au prorata du quota de lait, l’autre dépend du temps effectivement passé sur l’exploitation ». Au final : une formule compétitive qui satisfait l’ensemble des adhérents. Selon Frédéric Page, « si l’on raisonne en chef d’entreprise, le calcul est vite fait. En individuel, pour bénéficier d’une prestation analogue, vous devez avoir un tracteur pour remorquer la désileuse, un chargeur… Il faut intégrer tous ces éléments lorsque l’on effectue une comparaison. Et ne pas oublier de chiffrer aussi le temps économisé ! ».
Ouverte vers l’extérieur, la Cuma An Dro envisage de proposer des prestations ponctuelles pour, par exemple, dépanner un agriculteur souffrant. Les 8 associés sont même prêts à accueillir 1 ou 2 sociétaires supplémentaires si la localisation de leur exploitation est compatible avec la tournée actuelle. « Nous pourrions ainsi encore améliorer notre coût de revient et tout le monde en bénéficierait ».

 AUTRE article source Ouest France (Melangeuse automotrice)

Date de dernière mise à jour : 15/12/2011

massey 7490

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