Basse ou semi-basse pression,comprendre, interpréter, agir pour une meilleure utilisation des pneumatiques agricoles

 

 Maîtriser la pression
Choix et réglages des pneumatiques




Les bennes aussi contribuent au tassement des sols, notamment dans les chantiers d’ensilage. 



Ce qui a conduit les fabricants de pneus à développer les pneus basse pression, c’est l’intérêt d’utiliser des pressions les plus faibles possibles pour réaliser les travaux aux champs sans dommage pour les sols. Ainsi donc, la première résolution que doit adopter l’agriculteur pour lutter contre le tassement, c’est de s’équiper d’un bon manomètre et d’un compresseur pour adapter la pression des pneus au type de travaux et aux matériels.

Le choix et le réglage des pneumatiques dépend avant tout de l’utilisation à laquelle celui-ci est destiné ; un usage davantage tourné vers la portance pour les remorques, les tracteurs, les moissonneuses-batteuses, les machines à vendanger ou un usage davantage tourné vers la traction pour le labour, les outils de travail du sol, le transport de certaines charges. Dans le premier cas, le tassement est important alors que dans le second, il est moindre.

La désignation du pneu : une mine d’informations

Pour les pneus arrière de tracteur, il existe trois grandes catégories de pneus sur le marché ; les pneus standards, les pneus larges et les pneus basse pression. La nomenclature des pneus est très importante car elle contient toutes les informations techniques et les caractéristiques fondamentales concernant le pneumatique en question. À titre d’exemple, la désignation “600/65 R 38 TL 144 B” apporte les informations suivantes : 600 correspond à la largeur du pneu en mm ; 65 est le rapport entre la hauteur et la largeur du pneu ; R désigne un pneu radial ; 38 correspond au diamètre de la jante en pouces ; TL est une appellation du manufacturier ; 144 B renseigne sur la charge maximale que peut supporter le pneu à une vitesse donnée : ici, le pneu peut supporter une charge de 2,8 tonnes pour une vitesse de 50 km/h.

Prendre en compte la charge et la vitesse

La dernière mention “144 B” est très importante. Elle indique que le pneu est conçu pour une utilisation donnée avec certaines limites liées à la pression, la charge et la vitesse. En effet, la pression d’un pneu doit être réglée en fonction de la charge et de la vitesse : pour une vitesse donnée, lorsqu’on augmente la charge, il faut également augmenter la pression, de même que pour une charge donnée, si l’on augmente la vitesse, il faut aussi augmenter la pression. Autrement dit, qu’il soit au champ ou sur la route, le pneu doit être plus gonflé pour supporter cinq tonnes que quatre tonnes et quatre tonnes de charge par pneu exige davantage de pression à 25 km/h sur la route qu’à 5 km/h au champ. En résumé, plus le pneu a d’efforts à fournir, plus il a besoin de pression et inversement, on peut diminuer la pression si le pneu est moins sollicité.

Le pneu est conçu pour accepter une certaine gamme de pression suivant la vitesse et la charge. Or, pour préserver les sols, la pression doit être la plus faible possible (0,8 à 1 bar pour le travail du sol et 2 bars pour le transport). Il faut donc des pneus capables de supporter les charges à des pressions modérées. Pour adapter la pression optimale sans abîmer le pneu, il est recommandé de se reporter aux fiches de réglages fournies par le constructeur, après avoir pesé les matériels et de s’être équipé d’un bon manomètre.

Le pneu basse pression pour supporter le report de charge

Lorsqu’un outil est attelé à l’arrière d’un tracteur et levé par les bras de relevage, la charge se reporte sur les roues arrière du tracteur et il se crée un report de charge allant de 1,4 à 1,8 fois le poids de l’outil, selon la longueur et la géométrie des bras. À titre d’exemple, un combiné herse rotative plus semoir de trois mètres de largeur, ayant un poids de 1,5 tonne, crée une charge plus importante que son poids sur les roues arrière, de 1,8 à 2,5 tonnes. L’arrière du tracteur supportant une charge élevée, il est donc impératif de se reporter aux préconisations du manufacturier pour adapter la pression. C’est dans ce cas de figure que le pneu basse pression est intéressant, car il permet de supporter une charge élevée à une pression modérée.

Un pneu standard de type 20.8 R 38, par exemple, aura besoin d’une pression de 1,3 bar pour porter un combiné de semis de trois mètres alors que pour le même attelage, un pneu basse pression de type 680/75 R 34 n’aura besoin seulement que de 0,5 bar.

La maîtrise de la pression est primordiale

Même avec un outil très lourd, on peut exercer une pression au sol très faible dans la mesure où il est équipé de pneus à basse pression. Par conséquent, pour préserver le sol, avant la charge, c’est la pression qui est la plus importante. Un tracteur équipé d’une herse de six mètres créant une charge de 2,6 tonnes sur les roues arrière gonflées à 1,6 bar, tassera davantage que le même tracteur équipé d’un combiné créant une charge de 3,5 tonnes sur les roues arrière gonflées à 1,3 bar. Autrement dit, un même tracteur équipé des mêmes pneus peut tasser davantage avec un outil léger qu’avec un outil lourd selon le gonflage.

Respecter les préconisations du constructeur

Il est risqué de dégonfler un pneu sans connaître la pression ni la charge. En effet, un pneu sous-gonflé soumis à des efforts peut avoir un comportement anormal : il peut se déformer et la carcasse risque alors de se casser et de générer des crevaisons. Le sous-gonflage peut aussi provoquer la rotation du pneu sur la jante. Le dégonflage doit donc se faire dans les limites autorisées par le constructeur.

Adhérence : trouver le bon compromis

En traction, il faut une pression qui offre le maximum de surface d’adhérence tout en préservant la capacité à transmettre la puissance du tracteur au sol. Plus la surface portante du pneu au sol est grande, plus il y a de centimètres de crampons qui adhèrent. Pour que ces crampons s’enfoncent et appuient sur le sol, il faut qu’ils gardent une certaine rigidité. Or si on diminue trop la pression, on enlève de la capacité de pénétration au pneu.

Tenir compte avant tout de la charge dynamique

Pour pouvoir tracter avec un pneu à pression faible, il faut que ce pneu soit capable de supporter des charges importantes. La puissance que ce pneu va transmettre au sol est proportionnelle à la charge qu’il peut supporter. Or, un tracteur est capable de transmettre entre 60 et 70 % de son poids comme effort de traction.

Un décompacteur de 1.700 kilos, créant un report de charge (outil levé) sur les roues arrière du tracteur de 2,7 tonnes, engendre une charge dynamique (au travail) de l’ordre de 4.400 kilos sur les mêmes roues. Il nécessite donc un gonflage correspondant à la charge de 4.400 kilos pour que l’adhérence (ou la transmission de l’effort) soit préservée pendant la traction.

Si le même décompacteur est équipé d’un rouleau arrière qui supporte une partie de l’effort, la charge dynamique sur les roues arrières est plus faible et la pression nécessaire est moindre. Dans ce cas, dégonfler le pneu permet de gagner en surface adhérente.

En traction, il faut donc tenir compte de la charge dynamique et non pas de la charge statique pour adapter la pression.

 

 

Date de dernière mise à jour : 15/12/2011

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